Lorsque Chronos flirte avec Dionysos

À mes heures perdues ou de doute, lorsque la nuit tombe et que le sommeil ne vient pas, il m’arrive de penser que nous sommes tout petits, fragiles et soumis malgré nous à des fluctuations lointaines, celle des astres et des planètes qui nous observent de loin.
Et alors, dans un semi assoupissement, il me semble que j’entame un long et divagant dialogue avec ces étoiles qui nous surplombent.
Je vous laisse avec une courte évocation de notre dernière conversation, dont la lecture nécessite une dose appréciable de second degré, mais surtout, lecteurs adorés de ce blog qui m’est très cher, je vous souhaite une excellente année 2014. Qu’elle soit émouvante, glorieuse, saine et rocambolesque, mémorable et ambitieuse, heureuse avant tout et pourquoi pas un peu aventureuse également !

pré-scriptum I : oui, je l’admets, il y a eu quelques élans de favoritisme dans les signes, donc si vous avez des revendications, n’hésitez pas à les transmettre, j’adore la controverse !
pré-sriptum II : je commence par les Capricornes car c’est le signe en cours et, après tout, le premier de l’année. Et aussi un peu, mais c’est accessoire, parce que je prends un malin plaisir à ne pas faire comme tout le monde.

Capricorne :
À force de naviguer en eaux saumâtres et ne pas partager vos réflexions avec votre entourage, point d’étonnement à ce que vous soyez mal compris. Se présentent donc à vous deux grandes routes qu’il vous appartient d’emprunter. Ou non.
– La voie de la communication, le chemin du dialogue, la via harmonia. Vous l’aurez compris il s’agit ici de vous confier, partager vos peurs, vos doutes, vos ambitions à votre entourage car il est également là pour… vous soutenir -si toutefois vous l’avez bien recruté. Votre santé ne s’en porterait que mieux car « l’intériorisation mène à la constipation ».
– Votre seconde solution tend à respecter votre nature profonde : le silence et la contemplation cynique et désabusée du monde qui vous entoure. Infiniment tentant lorsque le monde en question est effectivement composé de futilités et autres vulgarités. Cependant, votre espace intérieur a beau être peuplé de jardins florissants, je ne peux décemment pas vous encourager à vous y enfermer si vous souhaitez un minimum d’interactions heureuses avec… la réalité. Gardez juste ce qu’il faut de mystère et de rêves fous pour supporter la rencontre avec autrui qui, sait-on jamais, pourrait s’avérer plus enrichissante que prévue.

Verseau :
Originaux et cérébraux, inventifs et imaginatifs, ce sont de beaux adjectifs mais il n’y a qu’un pas entre eux et l’isolement en soi.
À trop réfléchir, il n’est pas exclu que parfois – et notez que je ne juge pas, hein – on puisse devenir par trop… distant. Voire même, oserais-je le dire ? un peu marginal. Quand je dis que je ne juge, c’est on ne peut plus sincère que j’ai moi-même tendance à considérer la marginalité comme une valeur sûre voire peut-être une forme d’absolu. Mais n’étant pas exactement une référence, ni en matière de sociabilisation ni d’idéal de société, je vais tenter une approche plus objective et vous conseiller de… moins réfléchir. Exactement comme je viens de le faire, donc, en proposant une solution sans y avoir vraiment réfléchi. Et même à moi, ça fait du bien… alors je me dis qu’il n’y a pas de mal à essayer.

Poisson :
Rien de plus difficile à cerner qu’un poisson qui tourne dans ses eaux, entre l’avant et l’arrière, un regard vers le passé, un coup d’oeil vers l’avenir, qui hésite et se satisfait des deux… simultanément. Ce qui est quand même assez loin d’être simple, ne serait-ce que d’un point de vue très technique, si vous voyez où je veux venir – si ce n’est pas le cas, faîtes comme si je n’avais rien dit et passons.
Savoir d’où l’on vient est une chose essentielle. Mais surtout pour savoir où l’on va. Et puis avancer en regardant en arrière, c’est très limite niveau sécurité minimum. Ne faites pas cette tête, il fallait bien que quelqu’un vous le dise, que c’est risqué. Alors quoi ? Et bien aidez-vous vous-même et concentrez-vous sur les projets qui arrivent plutôt que sur ceux qui sont passés, ne ressassez pas inutilement et regardez avec plus d’attention ce qui vous attend. Il ne vous arrivera rien de mal, c’est promis. Laissez crédulité et susceptibilité de côté pour ne vous concentrer que sur vos nombreuses facilités et votre âme d’artiste trouvera en 2014 tout l’épanouissement dont elle rêve.

Bélier :
Il y a, de toute évidence, beaucoup de bon à être franc, ne pas s’embarrasser de trop de manières pour aller plus directement à l’essentiel. Cependant, chers béliers, peut-être êtes-vous parfois un tantinet considérés comme des têtes brûlées, un poil impatientes et, à l’image de votre représentant officiel, à foncer tête baissée. Ai-je osé dire ça ? Il semblerait…
Personnellement, je trouve la franchise rafraîchissante dans ce monde de brutes hypocrites, mais de là à être brutes tout court, il n’y a qu’un pas… que vous n’avez de toute évidence aucun intérêt à franchir, bien que la tentation soit grande pour vous, on l’a bien compris ! Ainsi, pas de faux semblants entre nous, pas de langue de bois car vous n’aimez pas ça et disons-le franchement : calme et patience pour 2014 sont de mise, pour votre bien avant tout, ceux qui pourraient se trouver sur votre route, accessoirement et tout, tout simplement, suivra vos pas sûrs et dynamiques.

Taureau :
Vous n’aimez pas être bousculé ? Voilà qui n’est pas inquiétant car qui, mon dieu, qui sain d’esprit, se risquerait à bousculer un Taureau ? Vous êtes bucolique ? Aimez les champs de fleurs fraîches tout juste sorties de la terre ? Rien d’étonnant à cela, vous êtes nés dedans ! Et rien non plus de très répréhensible à cela, je vous souhaiterais même de pouvoir toujours y paître en toute tranquillité, si cela faisait à tout jamais votre bonheur… mais peut-être risqueriez-vous de passer à côté de quelques détours fascinants, de paysages différents, de quelques frayeurs revigorantes, de quelques retournement de situation qui, parfois, peuvent donner à l’existence ce petit tour de tripes, affolement des méninges, et autre sujet de mécontentement passager et de rire pour l’année.
Ainsi donc, les champs de fleurs c’est cool, mais ce n’est pas une raison pour rester figé, les montagnes enneigées, ça peut être cool aussi.

Gémeau :
C’est un signe qui rend agréable, plaisant de compagnie, pétillant et cérébral, fin et doux… mais aussi parfois, changeant. Et, il faut bien le reconnaître, possiblement arrogant et ironique. Sauf que, l’ironie, c’est pas cool. Ça semble drôle, comme ça, une petite pique, une petite vanne, une dérision, mais en fait, à force de piquer, ça finit par creuser. Et fatiguer. Et qui donc a besoin d’être fatigué à ses dépends ? Je ne fais personnellement pas partie des candidats.
Alors quoi ? Deux voies possibles :
– penser que ce n’est pas une petite moquerie occasionnelle qui va faire chuter le monde (opinion que je ne partage pas, mais je comprends que mon naturel mélodramatique ne soit pas des plus crédible à cet instant)
– s’optimiser en arrêtant de se moquer pour s’élever au détriment des autres et apporter à son entourage le meilleur de soi pour plus de paix intérieure et extérieure. Et poursuivre sa conversation tranquillement, sans interruption cynique. C’est pas mal.
Sinon, en amour, ça va aller, Vénus l’a assuré. Et le travail sera prolifique et épanouissant, Saturne l’a promis sur la tête de son satellite.

Cancer :
Avant tout, je tiens à vous présenter mes excuses au nom de l’humanité parce que, vraiment, ça ne doit pas être facile de porter comme signe le plus grand mal du siècle. Non, sérieusement, toutes les familles ont perdu un être adoré d’un (voire plusieurs) cancer. C’est un sale coup vicieux que vous ont fait les autorités médico-légales. Ceci étant dit… ça ne sortait pas de nulle part non plus, hein ? Non, parce que, sans dramatiser au niveau d’une grave maladie dégénérative, on peut tout de même dire, sans trop risquer de se tromper que, bon, des fois, pas toujours quand même, ben… vous pompez un peu l’air de vos plus proches. J’ai bien dit plus proches parce que quand il s’agit de l’extérieur, vous êtes d’une perfection remarquable. Mais pour les proches, des fois, vous abusez un peu. Seulement vous le savez sans doute, et étant donné que, de toutes façons, on vous aime aussi un peu comme vous êtes, un peu envahissants, inutile d’insister.

Lion :
Personnellement je n’ai rien contre les leaders, car il en faut aussi, du moment qu’ils ne viennent pas me dire quoi et comment faire, je n’ai rien contre le fait qu’ils aillent le dire à d’autres. Si les autres sont ok, je suis ok. En même temps, il n’y a pas de hasard : le lion étant le roi des animaux, rien de très surprenant à ce que ce signe fasse naître des décisionnaires, voire des dominateurs. La séduction est naturelle pour vous, le charme et la puissance de même. Avec un tel cocktail, il n’y a qu’un pas à franchir avant d’être… légèrement vaniteux et atteint du syndrome du blond aux yeux verts. Mais oui, vous savez, le garçon qui a déjà tout pour lui à la naissance et qui pense du coup qu’il n’a pas besoin de faire d’efforts supplémentaires pour que tout lui tombe dans la main. En général, ça marche parce que, franchement, un blond aux yeux verts, ça fascine. Mais attention à ne pas cultiver que la surface car il se pourrait qu’une fois la fascination estompée, vous deviez faire un effort pour maintenir votre première place. Mais je vous rassure, ça arrive à des gens très biens aussi et au fond, ça en vaut la peine !

Vierge :
À trop chercher le perfectionnisme, il n’est pas exclu que vous vous retrouviez dans une impasse de logique, un méandre de raisonnements, un tourbillon d’ordre… qui tourne en rond. (je vous suggérerais bien de m’arrêter si je me trompe, mais je crains que ce ne soit difficile étant donné que cet article est écrit bien avant que vous ne le lisiez) Ainsi donc, le perfectionnisme a son intérêt, si il voit ses limites car, sans vouloir vous saper le moral, rien n’est jamais parfait, mais tout peut être excellent. Alors on arrête d’être tatillons – voire un peu têtu – et je vous propose de vous ouvrir à l’émotion et à l’intuition, à écouter votre instinct primaire et animal, à vous laisser surprendre et promis, si ça ne vous plaît vraiment pas, je n’insisterai pas car nul besoin de frustrer sa nature profonde, du moment qu’on a essayé d’en arrondir les angles un peu abrupts.

Balance :
Il y a toujours une certaine corrélation entre l’image d’un signe et le caractère de ceux qui sont nés sous ses auspices. Et, au risque de me tromper, mais je le prends sans hésiter, je crois bien que c’est votre cas. Pacifiste et médiateur, équilibré en toutes circonstances, vous semblez apprécier les légères oscillations qui ne mettent pas en péril votre paix et celle des autres… au risque de vous ennuyer parfois, un peu, non ? J’ai bien une suggestion à vous faire, qui n’est rien d’autre que sortie de mon esprit de contradiction – qu’il vous appartient ou non, de prendre en compte, je ne suis après tout rien d’autre qu’une petite voix sur votre écran- : déséquilibrer. Prendre un risque, se révolter un peu, tenter l’inédit et l’incontrôlable. Et puis, si ça ne vous plaît pas, en rester là et revenir, naturellement, à votre équilibre.

Scorpion :
Je ne vais pas vous mentir, c’est un signe que je connais mal, alors on passe au suivant ? Je plaisante…
D’après mes informations -non, je ne dévoilerai pas mes sources- il me semble que vous êtes idéalistes, investis, loyaux. Peut-être à l’excès parfois, peut-être à votre détriment des fois. Loin de moi l’idée d’aller à l’encontre de l’idéalisme car c’est un esprit essentiel à l’avancée du monde. Mais c’est aussi l’une des premières causes de déclaration de guerre. Et ça c’est moyen, même si c’est parfois nécessaire. Se battre pour ce en quoi on croit est noble, mais attention au surmenage et à la prise de risque personnel car il serait dommage d’y laisser votre santé. Au combat alors, soit, à la loyauté alors, car c’est agréable de vous avoir à ses côtés, mais sans oublier de regarder les choses avec un poil de recul de temps en temps histoire de ne pas s’aveugler, de ne pas trébucher inutilement et de ne pas s’embarquer dans des guerres inutiles au détriment de celles qui valent la peine qu’on transpire un peu.
Et puis savoir dire non est aussi salvateur et économise beaucoup de temps et d’énergie, alors vive un beau « non » qui préserve de la colère et des aigreurs potentielles. Ne me mentez pas, personne n’aime les aigreurs.

Sagittaire :
Il se trouve que je vis avec un sagittaire… je connais donc bien le signe mais je ne suis pas à l’abri d’une déviance vers le caractère propre à celui que je connais si personnellement. Auquel cas, veuillez me pardonner et vous souvenir que personne n’est parfait. Et surtout pas moi.
Le sagittaire est un centaure -jusque là, tout va bien. Les quatre sabots bien ancrés dans le sol et le buste tourné vers les étoiles pour tirer sa flèche -non, pour l’instant, vous en conviendrez, je ne prends pas beaucoup de risques. Et surtout, tout est presque dit : vous êtes réaliste et pourtant attiré par des idéaux ambitieux, attaché à la terre tout en lorgnant les étoiles. C’est un joli programme, à condition que l’équilibre entre les deux se maintienne pour avancer sereinement et que l’aspect matériel ne prenne pas le pas sur les idéaux pour les castrer au nom de la raison. Ça, c’est dit. Avec bienveillance, croyez-moi. Parce que, objectivement -si si, je vous assure- vous avez bien assez les pieds sur terre pour vous permettre quelques folies des grandeurs, alors pourquoi hésiter ?

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